Alex, transmettre l’envie du voyage

Alex, transmettre l’envie du voyage

24 October 2019 0 By labaroudeusevoyage

Alex Vizeo, c’est le mec au naturel sur les réseaux. Il ne se prend pas au sérieux, pousse les gens à voyager, et surtout, prend le temps qu’il peut avec les locaux.

Après cinq ans à bosser dans un open space en tant que directeur en régie pub, Alex décide de tout quitter pour réaliser son rêve : partir en tour du monde. ” J’ai créé mon blog qui a été récompensé meilleur blog voyage de l’année au Golden Blogs awards. Je suis rentré avec cette petite récompense, c’était le petit signe de la vie qui disait : s’il y a une réorientation professionnelle à faire, c’est maintenant. Donc j’ai tenté et 2 ans et demi, 3 ans après mon tour du monde, j’étais blogueur voyage à temps plein. ” Aujourd’hui, il veut montrer à travers ses productions que voyager est à la portée de tous, “C’est vraiment important pour moi de rendre le voyage accessible.”

En un seul mot, dis-moi ce que représente le voyage pour toi ?

Liberté. Liberté de déplacement, d’être qui tu veux, de découvrir ce que tu veux, d’aller là où ça te correspond. Des gens vont aimer le chaud, d’autres le froid, la plage, la montagne, voyages religieux, fêtards… en voyage tu es juste libre.

Est-ce que tu peux me raconter ta pire galère de voyage ?

Il y en a une où j’étais en Albanie. Le jour où je me décide de traverser une passe, il commence à pleuvoir mais bien. Comme par hasard c’était la seule fois où je n’avais pas pris mon poncho. Au bout d’une heure de marche ça pleuvait de plus en plus et moi je voulais passer la nuit là-bas. Ca commence à devenir torrentiel dans les chemins, en plus j’étais en short donc je commençais à avoir vraiment froid. J’étais bien trempé. Je décide de continuer quand même.

J’avais un croquis qui me servait de plan, et sur le plan y avait une petite maison. Je finis par tomber dessus : une petite maison en pierre, je vais toquer. La baraque était à peine plus grande que moi, il n’y avait pas de fenêtre… un mec ouvre, un berger d’une quarantaine d’années, il me fait signe de rentrer, de m’assoir là… il ne parlait pas anglais. C’était une toute petite pièce, avec un feu, 2 tabourets, et un grand lit avec un grand-père qui dormait dessus. Je me dis ouais… bizarre.

Au final on commence à réussir à discuter pendant une heure. Il me propose de dormir sur le lit, mais bon y avait le grand-père… J’étais tellement KO que je m’allonge à côté du grand-père et en trois secondes je m’endors. Je me réveille 30-40min plus tard, j’ouvre la porte et grand soleil. Ils me disent que là-haut il y avait de la neige. J’ai écouté leur conseil, je leur ai laissé toutes mes provisions et je suis redescendu, un peu la queue entre les jambes. C’était une galère mais avec une belle rencontre car j’ai été scotché par la générosité. 

Qu’est ce qui t’as le plus déçu en voyage ?

J’ai fait la connerie d’avoir des attentes. Il faut aller voir quelque chose parce que ça nous intrigue, parce qu’on a envie de découvrir, et pas parce qu’on y attend de trouver quelque chose. L’imaginaire n’est jamais comme la réalité et c’est la meilleure façon d’être déçu. Moi c’était la Chine.

J’avais les images de la Chine traditionnelle en tête, avec les vieux temples tout ça, j’arrivais du Laos. Et là je vois des Carrefour sur 5 étages, avec des Louis Vuitton sur 2, il y avait des scooters électriques de partout… et c’était en 2011, ils sont ultra en avance sur plein de choses… Sur un pan de gratte-ciel il y avait un écran immense. Dans une ville dont tu n’as jamais entendu parler. Nous on se masturbe sur Times Square mais eux ils sont vraiment au-dessus. J’étais déçu car j’ai vu une Chine moderne, polluée, pas du tout comme je l’imaginais. Avec du recul j’ai quand même aimé car ça m’a permis d’avoir une réalité sur ce truc-là et ça m’a rappelé une belle leçon : ne jamais avoir des attentes particulières.

Est-ce qu’une rencontre t’as particulièrement touché ?

Il y en a plein mais une plus ou moins récente c’était avec les deux guides Kirghizes avec qui on a passé une semaine dans la Steppe à cheval. Ils avaient 40 et 60 ans et on avait une nana avec nous qui parlait français et Kirghize. On a eu la chance de pouvoir vraiment échangé avec eux sur leur manière de voir la vie, sur leur quotidien, sur les choses qui ont changé car ils ont vu le bloc soviétique s’effondrer. Ils étaient bosseurs, timides, humbles. Ce sont des rencontres qui marquent parce qu’ils sont.

C’était des exemples d’humilité, de rigueur. Tous les soirs ils montaient le camp, ils étaient carrés, ils étaient généreux. A côté de ça ils ne perdaient pas de vue leur ADN de nomade. Dans leurs yeux il y avait un côté paisible que t’as du mal à retrouver chez les gens aujourd’hui car leurs yeux sont remplis de stress, de peur, des fois de la cupidité de l’argent, de la renommée… Leur métier c’est d’être guide dans la Steppe et ça les rend heureux et tu te nourris de ça. J’ai pris conscience du luxe que c’est d’avoir un guide vraiment cool parce que tu peux vraiment échanger.

La nourriture la plus horrible que tu aies pu avoir en voyage ?

Le bouillon de Chongquing. Un bouillon ultra épicé et dedans ils mettent des petits morceaux de poissons dégueu, une mixture immonde qui m’a vraiment marqué dans la déguelasserie du truc. Récemment j’ai aussi mangé du cochon d’Inde au fin fond du Pérou, à moitié grillé, c’est gélatineux, élastique… rien que d’y repenser… baaah ! Moi je suis un rat je mange de tout et là j’ai trouvé ça horrible. 

Sinon, je vais sortir un grand classique mais en Thaïlande je me suis régalé quoi. Ça fait un peu « j’adore la Tour Eiffel » mais les mecs ils envoient du petit bois. Un truc qui m’avait marqué, c’était le riz avec la mangue cuite. Le Mango sticky rice, terminé bonsoir. Et là récemment je reviens du Costa Rica, je pourrais y retourner pour manger le Dulce di Leche. Ou pour retourner manger chez les fermiers chez qui on est resté plusieurs jours, c’était une dinguerie. Avec le riz au lait, les jus des fruits du jardin, bourrés de mangue et d’ananas, olalala t’es pas prêt quoi. Franchement tu prends une claque. 

Choisis une seule de tes photos de voyage. Pourquoi celle-ci ?

Celle avec les enfants pour mon projet en Afrique parce que c’est avoir pu utiliser mon métier d’influenceur pour faire quelque chose de plus grand que moi. C’est beaucoup plus noble. C’est l’aboutissement d’un rêve. T’as juste rallié plein de talents et de gens pour faire un truc à ta petite échelle. Voir tous ces gamins à côté de moi me touche car pour moi c’est aussi le contrepied des réseaux sociaux. 

Un dernier mot ?

Si tu ne vas pas voyager pour toi, fais-le pour tous ces gens qui n’ont pas cette chance, qui administrativement, religieusement, économiquement ne peuvent pas le faire. J’veux dire si t’es né au fin fond du Mozambique et que tu rêves d’aller découvrir le monde tu ne peux pas. Tu ne peux même pas te payer un passeport… Si t’as un passeport fais-en bon usage, va chercher les choses, sors de ta zone de confort, juste par curiosité il faut le faire, au moins pour ceux qui n’ont pas cette chance. 

Merci à Alex pour cette interview ! Vous pouvez suivre ses aventures sur son compte instagram, son compte Facebook, et bien entendu son blog : Vizeo.net 😊

Photo à la une : Alex Vizeo.