Une journée à Elephant Steps Chiangraï

Une journée à Elephant Steps Chiangraï

Après vous avoir expliqué le concept d’Elephant Steps Chiangraï dans cet article, il est temps de vous raconter ma journée là-bas !

Le jour J, Marion et moi attendons patiemment devant notre auberge de jeunesse le 4×4 qui vient nous chercher pour nous emmener enfin réaliser mon rêve d’enfant : rencontrer les éléphants.

Après une vingtaine de minutes de route, on passe un portail en bambou. Elles sont là. Au milieu des chiens, à l’ombre de toiles, Gypsie, Mélanie et Maenoune se reposent. Je scrute : pas de chaine, une simple corde pend autour de leur cou. C’est tout, elles ne sont pas attachées et peuvent se balader comme les chiens de la ferme se baladent. Sophie avance vers nous avec un grand sourire et nous propose thé/café le temps de faire connaissance avec le groupe. Nous ne serons que six, tous français, et du même âge. Sophie nous présente les éléphants, les chiens, les chevaux… et nous explique le déroulé de la journée.

Retrouvez les éléphants de Sophie en vidéo ici :

Un petit-déjeuner conséquent

Après avoir enfilé une tenue traditionnelle Karen pour éviter de salir nos vêtements, les Cornacs nous donnent à tous un seau. Au menu ce matin pour les trois éléphantes : granulés, bananes et bambou. Gourmandes, elles viennent très rapidement vers nous en voyant les seaux pleins. Malignes, elles vont se servir à côté quand le seau en question est vide. Nous sommes tous redevenus des enfants. On rit quand elles engloutissent 15 bananes d’un coup, quand elles piochent dans le seau d’un côté, quand elles nous sentent avec leur trompe. Joueuses, elles sont impressionnantes, et on ne fait pas les malins !

Direction la jungle

Une fois que tout le monde a bien mangé, on laisse Sophie pour prendre la direction de la jungle avec les trois éléphantes et les trois Cornacs. Autre bonne impression : ils n’utilisent pas leur pic, comme nous avions pu voir à Ayutthaya. Les éléphantes fonctionnent à la voix, et écoutent quand elles en ont envie.

A peine passée le portail, Maenoune prend peur devant une vache. Panique générale. Si Gypsie et Mélanie reprennent vite leur calme, Maenoune part plein galop vers la jungle. “Elle ne supporte pas la violence” explique Sophie “dès que je me dispute avec mon mari, ou que les chiens se battent elle part.” Cela laisse bien imaginer ce qu’elle a pu vivre avant… On ne la reverra qu’à la fin de la journée, une fois que les Cornacs l’ont retrouvé.

C’est donc accompagné de Gypsie et Mélanie que le groupe se met en route. Toujours en liberté, elles marchent à leur rythme. Les Cornacs veillent à notre sécurité. Il fait chaud, très chaud. Chaque point d’eau est une excuse pour faire une pause et prendre un bon bain de plusieurs dizaines de minutes parfois. On les attend, s’amusant de Gypsie qui n’en fait qu’à sa tête. Les voir marcher dans la jungle ainsi est impressionnant. D’un pas sûr, lent, puissant, elles nous suivent, grignotant quelques branches au passage.

Pause déjeuner

Nous arrivons à une table construite en bambou, au bord d’une rivière. Le repas est prêt, servi dans des feuilles de bananier. Du riz, des légumes, de l’ananas, de la mangue… c’est délicieux. Un des Cornacs nous fabrique un verre en bambou. Un bon souvenir (qui fait maintenant office de verre à brosse à dents.)

On repart après un bon déjeuner, les éléphants toujours sur nos pas, rythmés par les cris des Cornacs “hue Gypsie hue !”. Qu’importe, elles n’iront pas plus vite. On arrive alors dans une HomeStay complètement perdue au coeur de la jungle, tout au bord de l’eau. On nous offre un thé, on profite du paysage. On regagne ensuite la ferme de Sophie où l’on retrouve Maenoune, remise de ses émotions.

L’heure du bain

A côté du champ des chevaux se trouve un grand point d’eau. Cornacs et éléphants plongent dans l’eau boueuse. On ne tarde pas à les rejoindre. L’eau est chaude, mais après cette marche dans la jungle humide ça fait du bien. On n’ose pas s’approcher. Elles sont encore plus impressionnantes dans l’eau. Je crains pour mes doigts de pied. Elles jouent avec les Cornacs, les éclaboussent, plongent la tête sous l’eau. Un dernier café, une douche pour ceux qui souhaitent et il est déjà temps de dire au revoir. (Malheureusement pas de photos du bain !)

Voir ces éléphants jouer, se promener en liberté, profiter de la vie était une expérience formidable. Malheureusement, Sophie ne peut pas racheter tous les éléphants d’Asie. Alors oui, dans la jungle, on les perd parfois de vue, on les oublie presque. Quand on leur donne à manger, elles ne se laissent pas forcément caresser à tout va. Mais ne vaut-il pas mieux ça qu’un éléphant (ou tout autre animal) juste bon à satisfaire nos caprices de touristes ?

Sophie n’a pas de flyer. On réserve via sa page Facebook. On la connait via le bouche à oreille. Elle n’a pas des dizaines d’éléphants. C’est une petite structure qui, à son échelle, offre une seconde vie aux animaux qu’elle peut sauver. Et c’est déjà beaucoup.

Informations pratiques :

Pour réserver, contactez Sophie via sa page Facebook. Vous pouvez passer plusieurs jours chez elle et son mari pour les aider avec les animaux. Toutes les informations sont sur sa page, et elle se fera un plaisir de répondre à vos questions.