De Faro à Lisbonne, une semaine au Portugal

De Faro à Lisbonne, une semaine au Portugal

25 March 2020 2 By labaroudeusevoyage

Le Portugal. Ses falaises plongeant dans l’océan, son soleil et ses pastéis de Nata font de ce pays une destination très prisée l’été. Février était donc la période parfaite pour s’y rendre et le découvrir à son rythme.

Un peu d’histoire

L’histoire du Portugal est aussi complexe qu’intéressante. En voilà un résumé mais je vous invite à consulter le site de Cosmovision et de Larousse si vous souhaitez une version plus détaillée.

D’abord habitée par des peuples d’origines Celtes, la Lusitanie, aujourd’hui Portugal, a été dominée par les romains pendant plus de 500 ans. Après la chute de l’empire, le pays est passé entre les mains des Alains, des Suèves puis des Wisigoths, avant d’être conquis par les Arabes en 712. Ces derniers sont chassés par les rois Chrétiens des Asturies qui occupent Lisbonne en 953. En 1095, Henri de Bourgogne devient comte du pays et fixe sa résidence à Porto, d’où le nom du Portugal. Alors sous la domination de la Castille, le pays trouve son indépendance sous le règne de son fils. 

Ce n’est que plus tard, au XVème siècle, que Jean 1er ouvre la porte aux découvertes maritimes. Cependant, c’est le règne d’Emmanuel le Fortuné qui marque l’époque la plus brillante du pays. Après Madère en 1420, les Portugais explorent toute la côte occidentale africaine. Vers l’est, Vasco de Gama franchit le cap de Bonne Espérance et ouvre une nouvelle route maritime vers l’Inde tandis que vers l’ouest, Avares Cabral découvre le Brésil. Le Portugal est à ce moment-là la nation maritime la plus puissante du monde.

A partir de la fin du XVIème siècle, le pays perd de sa grandeur. Il devient une province de l’Espagne sous les rois Philippe II, III et IV, avant de retrouver son indépendance en 1668 après la signature d’un traité de paix. Cependant, le pays ne retrouvera jamais sa puissance d’antan. A la fin du XIXème siècle, les difficultés coloniales provoquent de gros problèmes économiques, elles-mêmes à l’origine d’une instabilité politique, illustrée par de nombreux remaniements ministériels pendant plusieurs années. 

Entre 1889 et 1907, la monarchie, sous Charles Ier, devient de plus en plus impopulaire. Le roi finit par céder sa place à Joao Franco qui instaure une dictature. Une dictature qui ne dure que très peu de temps puisque Joao est assassiné en pleine rue en 1908. Son fils tente de perpétuer le régime autoritaire mais est chassé par les forces militaires en 1910. C’est le début de la République. Jusqu’en 1926, une quarantaine de gouvernements va se succéder. 

En 1926, le général Gomes da Costa instaure une dictature militaire. Il est rapidement remplacé par le général Oscar Carmona, épaulé par l’universitaire Salazar. Ce dernier devient président du Conseil en 1932 et fait adopter une nouvelle constitution mettant en place un régime fasciste : tous les autres partis sont interdits, une police d’Etat est mise en place. S’il refuse de rallier Hitler, il supportera Franco lors de la Guerre civile d’Espagne. 

La dictature s’isole ensuite peu à peu au niveau international, jusqu’à sa chute en 1974. La contestation au régime vient de l’armée. Les chars entrent dans Lisbonne et les habitants, en signe de soutien, offrent des fleurs aux soldats, d’où le nom de “Révolution des oeillets”. Une démocratie parlementaire se met alors en place, et le Portugal intègre finalement l’Union Européenne en 2006.

Road-trip ensoleillé à la découverte de l’Algarve

Jour 1 : Les falaises de l’Algarve

Nous avons atterri à l’aéroport de Faro en début d’après-midi. Après avoir récupéré notre voiture de location, nous avons roulé directement vers Carvoeiro, où l’on peut faire la fameuse randonnée des sept vallées suspendues.

Je voulais absolument la faire car elle permet d’avoir un très bon aperçu des belles plages de l’Algarve. En plus, elle est vraiment facile et accessible à tous. A faire au coucher de soleil, c’est une vraie petite merveille.

Pour économiser un peu, j’ai embarqué ma tente de trek que nous avons posé dans une petite aire de camping-car. L’aire est située au bout d’une toute petite route. Le propriétaire est super sympa, il y tient également un hostel. Il n’y a qu’un toilette et une douche mais tout est très propre. On en a eu pour 10€ pour deux personnes, la tente et la voiture.

Le soir, nous voulions manger dans Carvoeiro mais les prix étaient exorbitants. C’est là qu’on a vu que nous étions dans un endroit vraiment touristique. L’été, le monde doit être insupportable ! Résultat, nous avons terminé dans un bar avec un burger-frites… On aura vu mieux au niveau menu local 😅

Infos pratiques pour la rando : Elle part de la plage de la Marinha, vous ne pouvez pas vous tromper, il y a un gros panneau à l’entrée du chemin. Elle se fait en deux heures à peine si vous ne prenez pas le temps de vous arrêter sur chaque plage. Elle dure bien plus longtemps l’été car avec la chaleur, difficile de résister à l’appel de l’océan !

Jour 2, direction la côte Ouest

J’ai eu la bonne idée de ne pas emmener les duvets chauds… résultat, nous avons passé une nuit affreuse dans la tente. Il ne fait pas si chaud la nuit, les températures descendent vite ! C’est donc un peu fatiguées que nous rangeons tout avant de prendre la route pour Sagres. A partir de là, nous étions persuadées de pouvoir rejoindre le phare à pied par les chemins mais apparemment ce n’est pas possible… Nous n’avons trouvé qu’à partir de la plage de Beliche d’où il suffit de suivre les marquages bleu et vert jusqu’au phare. Pour l’anecdote, nous avons eu une belle frayeur à cette plage ! Nous n’avions pas mis le frein à main au maximum, la voiture a commencé à descendre toute seule ! Heureusement elle n’était pas face au vide mais petite frayeur tout de même !

Cap Saint Vincent Portugal

Pour aller jusqu’au phare, le sentier longe la falaise et offre de superbes points de vues. Nous avons même croisé des pêcheurs qui péchaient de tout en haut, c’était impressionnant ! Nous avons ensuite mangé sur la plage de Mareta, au restaurant Raposo. Bon, on paye clairement la magnifique vue, pour encore un burger-frites mais pour manger en plein soleil face à la mer, est-ce que ça ne vaut pas le coup ?

On reprend la voiture pour se rendre à Carrapateira et faire la randonnée Pontal de Carrapateira. Et bien, je ne sais pas si c’est mal indiqué ou si nous n’avions rien compris, mais nous avons tourné un bon bout de temps avant de commencer à marcher. Normalement, si vous suivez simplement le balisage rouge et blanc vous ne devriez pas vous perdre. La boucle dure apparemment 3h30 mais nous n’avons pas eu le temps de la terminer. Ce que nous avons vu sur 1h30 était sublime. Petit conseil : couvrez-vous car même s’il fait beau le vent est fort, et frais !

Après la mauvaise nuit que nous avions passé, nous avons opté pour un camping à Aljezur à la place d’un bivouac. Tout ça pour finir par dormir… dans la voiture pour éviter le froid. Et bien, sachez que l’on dort très bien dans un Renaud Capture ! 😅

Jour 3, rouler vers Lisbonne

Dès le réveil, on décide de ne pas visiter le village d’Aljezur. J’avais lu pas mal de choses comme quoi il n’était pas vraiment intéressant… Qui sait ? Nous avons peut-être loupé quelque chose mais le village d’Odeicexe nous a plus tenté. Ce qui est sympa est de se garer à la plage et de descendre au village en suivant la rivière. Le paysage est beaucoup plus vert que les falaises des derniers jours. Quant au village, il est mignon, mais nous a paru bien mort en ce mois de février. Peut-être est-il plus vivant l’été ?

On regagne la voiture et on roule pendant 2h pour rejoindre l’Estuaire de Sado. Un lieu connu pour l’observation des oiseaux et des… dauphins ! Malheureusement, notre expédition à bord d’un catamaran s’est annulée au dernier moment faute de monde 😢 On se ne laisse pas abattre, les oiseaux, c’est cool aussi ! On se laisse guider par Maps qui nous emmène directement au lieu principal de l’Estuaire. Des sentiers balisés permettent l’observation des différents oiseaux et on vous donne un petit guide pour les reconnaître. Après, si vous souhaitez vous éloigner un peu, il suffit de prendre en voiture n’importe quelle route allant vers l’eau. J’avais lu que l’on pouvait même voir des flamands roses dans la zone autour de Zamjubal mais nous n’avons rien vu du tout !

Le road-trip commence à toucher à sa fin, il est temps de terminer la route vers Lisbonne pour rendre la voiture. On ne le savait pas mais il n’y a pas forcément besoin du pass Via Verde sur cette portion. Vous pouvez payer le péage en carte bancaire au guichet, et passer par l’autoroute revient à moins cher au final que de faire le tour via les routes secondaires.

Rendre la voiture s’est avéré plus compliqué que prévu ! Nous avons tourné pendant une heure dans Lisbonne (en heure de pointe, sinon ce n’est pas drôle) pour trouver un carwash. Il y en a un juste quand vous sortez du périphérique donc ne faites pas comme nous, ne rentrez pas dans la ville, vous n’en trouverez pas ! On avait pris beaucoup d’avance et au final, nous avons rendu la voiture à 19h pile-poil !

Nous découvrons notre Hostel : Le Landscape Hostel. On paye 17€ par nuit et par personne pour une chambre privée et petit-déjeuner inclus. Le personnel était adorable, les gaufres délicieuses et tout était propre !

Jour 4 : Premier aperçu de la capitale

Aujourd’hui, c’est notre première journée dans Lisbonne. On se décide d’errer un peu au hasard et de revenir faire ce qu’on a aimé plus tard. De notre Hostel, nous sommes descendues jusqu’à la Gare Rossio puis nous sommes allées nous perdre sur la gauche dans les petites ruelles avant de passer devant le Panthéon et la fameuse Cathédrale Sé.

Pour déjeuner, éloignez-vous des grandes artères touristiques. Vous trouverez des petits snacks et restaurants avec le plat du jour à 5€. Ce midi, nous étions sur une petite place pas très loin de la place du Commerce. Cette dernière est mon coup de coeur de la ville. Immense, pleine de vie, elle donne directement sur la mer, et ça, c’est assez génial.

Nous avons ensuite voulu voir le château qui offre apparemment une superbe vue sur la ville mais même pour les jardins, l’entrée est payante. Tant pis ! Pas de château ! On redescend vers le Miradouro Santa Catarina qu’on a trouvé très sympa. On décide d’y revenir plus tard pour le coucher de soleil. En attendant, on va se promener dans le quartier Barro Alto qui en soit est tout petit et on craque en allant déguster les merveilleuses Pastéis de Nasta de Manteigaria. Elles sortent du four, un délice ! On passe s’acheter une bière pour admirer le coucher de soleil du Miradouro.

Il s’est bien rempli depuis tout à l’heure. Beaucoup de jeunes, d’étudiants, de couples. Tous ont sorti l’apéro, les bouteilles de Sangria, de vin et se retrouvent face à cette merveilleuse vue, jusqu’à ce que le soleil se couche.

Sunset Lisboa

Pour ce premier jour, Lisbonne m’a fait une très bonne impression. J’ai hâte d’être demain pour la découvrir encore plus.

Jour 5 : Art équestre et quartier de Belém.

Ce matin, direction le quartier de Belém et plus précisément l’école portugaise d’Art Equestre. Passage obligé quand on part entre cavalières 🙃 Tous les matins, vous pouvez assister aux entrainements des cavaliers de dressage sur leurs beaux Lusitaniens. Le tout dure environ 2h pour 8€ et est agrémenté d’une visite guidée des écuries. C’était vraiment intéressant. Attention, c’est assez mal expliqué sur internet mais les cavaliers s’entrainent bien à Lisbonne depuis 2015 et non plus au Palais de Queluz. Par contre, les chevaux retraités et au repos sont bien au palais !

Nous sommes ensuite allées manger dans un petit snack en face du restaurant Ceu Da Boca. Le restaurant a de très bonnes critiques mais était trop cher pour nous. Le plat du jour à 5€, riz-morue pour moi et viande non identifiée pour Marion, fera l’affaire pour la journée.

Quitte à être dans le quartier, passage obligé à la très TRES fameuse pâtisserie Belém. Alors oui, les pastéis y sont délicieuses, mais pas plus qu’ailleurs, et sont plus chères. On longe le Tage depuis le monument aux pêcheurs jusqu’à la Tour de Belém puis on rejoint à pied le quartier Baixo pour se prendre un bon goûter à la pâtisserie Batalha. On voulait goûter les autres spécialités sucrées mais pas de doute, la pastéis reste la meilleure !

Après s’être reperdues dans les ruelles trop mignonnes, on grimpe vers le quartier do Graça pour tester une adresse conseillée par une amie : Graça do vinho. Un tout petit bar-tapas situé juste avant le Miradouro. On y mange des planches extra et on y boit du très bon vin ! Nous avons goûté au délicieux Vinho verde, un vin blanc très légèrement pétillant, avec une planche mixte à 16€. Tout est local et les gérants sont vraiment adorables.

Jour 6, dernier jour au soleil

Dernière journée de notre escapade Portugaise ! Pas de chance, il pleut ! On prend plus notre temps au petit-déjeuner pour profiter des délicieuses gaufres que nous préparent les filles de l’hostel chaque matin. Aujourd’hui, pas vraiment de programme, on souhaite juste retourner voir les lieux qu’on a adoré comme la fameuse plaça do Commercio où nous restons un bon moment profiter du soleil qui a finit par se lever.

Time Out Market Lisbonne

On décide de manger au Time Out Market où je goûte enfin les fameux beignets de morue. Je me laisse quand même tenter par les burgers énormes qui se préparent derrière moi… L’endroit est vraiment chouette, il est même possible de prendre des cours de cuisine avec la Time Out Academia. On se promène une dernière fois dans les ruelles d’Alfama puis on va se boire une bonne orange pressée au Miradouro do Graça. Dernière étape : passer à la Fabrica de Pastéis de Nata pour ramener ces petites douceurs à la maison 😋

Pastéis de Nata

Le Portugal, c’est fini ! On file reprendre nos sacs pour aller prendre notre avion. Le bus 783 nous y a emmené en 20min, super pratique ! J’ai hâte de retourner dans ce beau pays pour l’explorer un peu plus maintenant, on m’a dit que la vallée du Douro est incroyable…