Jérémy, “Make it happen”

Jérémy, “Make it happen”

9 October 2019 2 By labaroudeusevoyage

“Make it happen”, “Life is what you make it”, deux citations clés pour Jeremy, connu sous le nom de Jeremybackpacker sur les réseaux. Il les a d’ailleurs mises en pratique en décidant de tout plaquer pour un PVT en Australie.

Après un bachelor en marketing, Jérémy fait comme tout le monde : il se trouve un boulot. Pourtant, la routine l’ennui. “J’ai commencé à regarder des vidéos et ça a commencé à me trotter dans la tête” explique-t-il. La décision est prise : il quitte son job. Prochaine étape : un PVT en Australie avec trois potes. “Quand ça devient un peu concret ça peut devenir compliqué de se projeter aussi loin et finalement je suis parti seul en me disant je pars 6-8 mois. Au final ça s’est transformé en deux ans en Australie suivis de 6 mois en Asie.” Il part avec 2000€ dans la poche : “J’ai écrit un article qui s’appelle comment voyager 2 ans avec 2000euros, et c’est ça qui a lancé le blog et l’Instagram.

En Australie, il rencontre sa copine, avec qui il fera un gros road-trip en Asie pendant six mois, puis en Nouvelle-Zélande et ils reviennent depuis peu du Maroc. Depuis qu’ils sont rentrés, Jérémy travaille sur le développement de son blog.

En un seul mot, dis-moi ce que représente le voyage pour toi ?

C’est chaud un seul mot ! J’ai envie de dire ouverture d’esprit même si ça fait plus d’un mot. Tu deviens beaucoup plus ouvert sur les autres cultures, les autres modes de vie, tu apprends à voir les choses différemment, que ce soit toi ou le monde. T’es tolérant, tu prends beaucoup de recul sur beaucoup de choses. 

Est-ce que tu peux me raconter ta pire galère de voyage ?

Ah ça je l’ai jamais vraiment raconté en plus. J’ai fait du bénévolat dans un refuge pour kangourous en Australie. On s’occupait des orphelins Kangourous. Les hôtes étaient super géniaux au début.

Le problème était que le mari était en phase terminale de cancer et était devenu alcoolique. Du coup, il avait des sautes d’humeur et devenait très difficile à cerner. Il aimait bien donner des ordres, et fallait absolument le faire, en plus il ne m’a jamais vraiment aimé. Un soir il avait trop bu et s’est énervé sur moi, en étant presque agressif.  Il s’énervait de plus en plus donc je suis parti dans notre maison pour bénévoles qui était à côté en me disant que j’allais laisser passer. Le mec est venu plus tard, de plus en plus agressif en me demandant de quitter le refuge. Sauf que le refuge était en plein milieu du bush australien. C’était le soir donc je lui dis bah non je ne vais pas partir maintenant, il n’y a aucune raison.

Il commence à me suivre partout, sa femme n’arrivait pas à le calmer. Et à un moment il me glisse à l’oreille « Pars ou je vais chercher mon fusil de chasse ». Là je commence un peu à paniquer. Je voulais juste dire au revoir à mon bébé kangourou, les gens essayaient même de m’enfermer dans une pièce pour que je lui dise au revoir. Et il essayait d’enfoncer la porte. Il part et revient avec le fusil, ça part vraiment loin. Je commence à ranger mes affaires comme je peux, à tout mettre dans mon 4×4 et je suis parti sans savoir où j’allais.

J’ai trouvé un freecamp au bord d’un lac et c’était horrible car j’étais vraiment seul, je venais de me faire chasser au fusil de chasse d’un endroit où je me sentais vraiment bien. C’était vraiment difficile psychologiquement. C’était horrible, je n’ai quasiment pas dormi. J’avais pas de plan. Le lendemain il partait toute la journée donc j’ai pu retourner prendre le reste de mes affaires, dire au revoir au reste des bénévoles, à mon kangourou. Et c’est ce jour-là où j’ai dit à ma copine « bon est-ce que t’as envie qu’on se revoit ? » et une semaine après elle m’a rejoint pour faire un road-trip. C’est là que notre relation a commencé. 

Qu’est ce qui t’as le plus déçu en voyage ?

Ce qui m’a déçu c’est quand j’ai travaillé en Nouvelle-Zélande. Si tu veux trouver un job où tu vas travailler bien il faut s’éloigner des grandes villes. J’ai trouvé un job qui était vraiment isolé de tout, dans une usine. Et c’est devenu vraiment dur après quelques semaines parce que j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de backapackers dans le coin, j’ai vécu dans une caravane que je louais dans un camping. Le problème est que j’étais dans un village très isolé. Les rares backpackers ont craqué ont bout de trois semaines car le job était vraiment difficile, je travaillais genre 12h/jours.

Je suis un peu déçu car en Australie j’arrivais toujours à créer des contacts et ça rendait le travail plus cool. Là j’ai gagné vraiment beaucoup, j’ai économisé 15 000 dollars en cinq mois. Je me suis tellement mis d’objectifs en terme d’argent que je me suis accroché à ce job mais au final je me suis un peu gâché les cinq mois de travail en NZ. 

En terme d’endroit ça me fait penser au fameux Wanaka Tree en Nouvelle-Zélande, devenu hyper partagé sur Instagram, pour ce qu’il représente de l’impact d’Instagram sur le voyage. C’est à dire la tendance qu’ont les voyageurs à ne partager que les “beaux côtés” et les “paysages parfaits” du voyage, sans forcément montrer les côtés plus vrais et réalité du voyage. Donc t’arrives à Wanaka, et très rapidement, tu te rends compte qu’il y a 30-40 personnes qui se battent pour avoir le meilleur angle pour “la photo parfaite” qu’ils partageront. On y est resté 5 min même pas et on est parti.

Ça représente le fait que via cette tendance à partager une image un peu fausse et idéaliste du voyage, tu as des attentes parfois trop élevées sur certaines destinations/certains spots, et t’en repars déçu. Et du coup ma volonté c’est de partager le côté vrai/job/galère du voyage. Comme en Nouvelle-Zélande où mes stories à raconter pendant 5 mois mon quotidien à l’usine à vivre dans une caravane.

Est-ce qu’une rencontre t’as particulièrement touché ?

Il y en a plein mais je suis obligé d’en citer deux. 

Ma première vraie rencontre c’était Johan, un français que j’ai rencontré en Australie à Perth. On s’est tout de suite super bien entendus, on avait la même vision du voyage. Ca a été mon travelmate pendant au moins 7-8 mois. On a fait trois mois de ferme ensemble, on a acheté un 4×4 ensemble, on a fait la Western Australia, le premier roadtrip de ma vie ensemble. On a vécu tellement de trucs ensemble, on voulait rencontrer plein de gens et c’était vraiment cool. Ca m’a fait encore plus aimer le voyage.. Et là il vient me voir en Belgique, on est toujours en contact trois ans après ! C’est grave cool !

Et forcément il y a ma copine que j’ai rencontré au refuge. En plus après notre road-trip en Australie, elle est rentrée en Allemagne pour ses études donc pendant 4-5 mois on ne savait pas trop ce qui allait se passer. On restait en contact mais bon on se connaissait depuis un mois et demi. Au final on a décidé de se retrouver en Indonésie et on a voyagé pendant plus de six mois. Depuis on essaye toujours de voyager quand on peut. On essaye de concilier qu’elle ait ses études à l’université et que moi j’ai une vie un peu bizarre avec les voyages. 

La nourriture la plus horrible que tu aies pu avoir en voyage ?

Maintenant je suis végétarien mais il y a longtemps en Australie j’avais testé le Kangourou et c’était horrible, le goût était horrible. En Australie j’étais vraiment le mec de base, c’est ma copine qui était végétarienne et du coup je suis devenu végétarien, c’est devenu une évidence pour moi. Mais en Australie ils sont un peu arriérés là-dessus. Le goût était vraiment horrible, on avait fait un barbecue et vraiment j’ai pas aimé du tout. 

Sinon ce qui est très bon, c’est une spécialité de Hoi An au Vietnam : le Cao lau. Ce sont des grosses nouilles avec plein de légumes. C’est vraiment trop bon. La recette originale c’est avec de la viande mais ils font des versions veggies. Sinon en Malaisie, il y a le Roti, c’est une sorte de pain plat, comme une crêpe épaisse. Tu peux avoir plein d’accompagnements différents et c’est vraiment ouf. 

Choisis une seule de tes photos de voyage. Pourquoi celle-ci ?

T’as des questions difficiles hein ! Tu ne veux jamais 2-3 trucs c’est chaud ! 

J’ai envie de te dire que c’est la photo que j’ai mis sur mon article pour la côte Ouest d’Australie. C’est une photo à la gopro, c’est avec Jo, c’est mon premier road-trip et je découvrais à quel point le voyage allait changer ma vie. Elle n’est pas spécialement bien éditée mais c’est plus le passage de mon road-trip où je découvre la vie du road-trip, la liberté. C’est indescriptible. Tu fais ce que tu veux, et sur cette photo on voit vraiment qu’on kiffe. 

Un dernier mot ?

Je pense que pendant longtemps j’ai cru que le voyage était la meilleure option de vie du monde. Avec du recul, je pense que chacun va trouver son bonheur que ce soit voyager ou avoir une carrière. Je pense que beaucoup se mentent mais à partir du moment où t’as ça en toi, le quotidien n’est pas une fatalité. Le premier pas est le plus difficile. C’est le fait de réserver son avion qui est surtout le plus difficile.

Pour faire un PVT, partir seul c’est une des meilleures options car tu vas rencontrer énormément de gens. Ca va décupler ton bonheur d’avoir osé le faire. On a tendance à appréhender beaucoup trop, encore plus quand ça se rapproche, t’imagines le pire. Mais tu vas juste rencontrer des gens, il faut être ouvert. Après tu vas voir que ce sera la meilleure décision de ta vie, fin moi ça a changé ma vie. Après la magie du voyage opère et ce n’est que du bonheur. 

Merci à Jérémy d’avoir répondu à mes questions 😊 Vous pouvez suivre ses aventure sur blog ou sur son compte instagram.