Matthieu, accro aux micro-aventures

Matthieu, accro aux micro-aventures

14 October 2019 0 By labaroudeusevoyage

Matthieu, à côté de son job de directeur artistique à Paris, est un grand passionné de photos et d’aventures. “J’ai découvert la photographie il y a une vingtaine d’années avec un vieux Canon Ae-1 et j’ai tout de suite été contaminé. Depuis, je m’amuse à faire des micro-aventures dans toute la France ou en dehors et à partager tout cela avec les gens sur les réseaux sociaux sans jamais me prendre trop au sérieux

Il se lance avec ses potes des défis de micro-aventures au départ de Paris. Partir quelques jours pour se déconnecter puis revenir. Il est d’ailleurs contributeur pour le site les Others, une des références dans le monde de la micro-aventure et des aventures outdoor en général. Il partage également ses aventures sur son site.

En un seul mot, dis-moi ce que représente le voyage pour toi ?

Errer. J’adore ce mot. Pour moi un voyage devrait être une errance du début à la fin. Malheureusement ce n’est pas simple et moi-même je n’y arrive pas tout le temps. Partir sans aucun autre but que d’avancer et découvrir, sans rien d’autre de prévu. 

Il est évident que pour des raisons de sécurité, on doit souvent préparer un minimum son voyage mais on devrait tous mettre un peu d’errance dans n’importe quel voyage que l’on fait. C’est là où la magie opère et que l’on découvre les meilleurs endroits et les plus belles personnes. 

Est-ce que tu peux me raconter ta pire galère de voyage ?

Oulah. Dans tous mes trips j’ai eu des petites galères, et des plus grosses par moment. 

Celle qui m’avait bien marquée c’est sur le tournage de l’Autre Versant. On est monté trop tard et trop lentement pour rejoindre le lac de Tardevant et on s’est retrouvé dans une violente pluie de neige/grêle alors qu’il faisait quasiment nuit. Panique à bord, on est redescendu jusqu’à une bâtisse fermée et on a planté les tentes à la frontale, trempés comme jamais, en plein milieu d’un pâturage de boucs et chèvres, en plein milieu de leur défections… En pleine nuit et sous l’eau on s’en foutait et on voulait simplement dormir… Mais le lendemain on s’est rendu compte qu’on était vraiment au milieu des bêtes et de la merde. Mais la vue était magnifique. 

Est-ce qu’un lieu t’as particulièrement déçu ?

J’en ai pas vraiment. Mise à part peut-être Dieppe. 

On s’est lancé un défi avec un pote de faire Paris-Dieppe à vélo sur un week-end. Une belle aventure qui nous a fait passer par des endroits fantastiques, dans une France authentique. Et puis Dieppe, l’arrivée, on imaginait la mer et le vent nous frapper le visage… et bien c’était simplement un front de mer envahit par un immense parking, une fête foraine et des barres d’immeubles/hôtels. Un décor gâché. 

Est-ce qu’une rencontre t’as particulièrement touché ?

Ma plus belle rencontre ( et retrouvailles ) restera Christine Janin. Cette femme m’impressionne, m’inspire, m’émeut par son parcours, ses combats et ses idées.

Je ne vais pas vous raconter dans les détails qui elle est et ce qu’elle a fait dans le milieu de l’alpinisme et médical mais c’est incroyable. Un si petit bout de femme qui s’est dédiée entièrement pour les enfants et la médecine. C’est fabuleux. Et quand elle en vient à vous parler de l’Everest, de la conquête des Pôles, et bien vous vous sentez tout petit. 

La nourriture la plus horrible que tu aies pu avoir en voyage ?

Pour le coup je n’ai pas de souvenir d’un truc horrible que j’ai pu manger en voyage. Par contre, je me souviendrais toujours de découvrir le Kotthu au Sri Lanka dans un restaurant fait de trois tôles et deux bouts de ficelles avant de grimper pour le Little Adam’s Peak.

Le Kotthu c’est un genre de crêpe qu’ils hachent en rythme avec des légumes sur une plancha. C’est tellement bon… J’ai d’ailleurs réussi à trouver un ou deux restaurant ici à Paris qui le faisait mais pour être honnête cela manque de cette saveur si particulière que tu peux avoir quand tu es là-bas, en mode aventure et découverte. 

Choisis une seule de tes photos de voyage. Pourquoi celle-ci ?

C’est la couverture de l’Autre Versant. La Pointe de Tardevant. Cette photo et plus particulièrement cette pointe,  a une histoire particulière pour moi, très intime. Les nuages sont en train de se dégager pour laisser la pointe apparaître, pour laisser les souvenirs d’enfances ressurgir. Il y a 20 ans j’étais là, dans des conditions complètement différentes. Faire cette photo était magique, il faisait bon pour un début de journée. On savait que l’on devait monter à cet endroit et l’excitation était à son comble… C’était magnifique. 

Un dernier mot ?

Errer. ahahah. 

Nan sérieusement le vrai message que j’aime faire passer c’est de ne pas sous-estimer la France. Souvent quand je discute avec les gens de voyages et d’aventures, ils me parlent tout le temps d’Islande, d’Australie, de Bali etc etc… Mais on a la chance d’avoir un pays aux reliefs incroyables, avec des richesses culturelles tellement cool. Que ce soit les Alpes et les Pyrénées, la Bretagne ou le froid polaire du Jura, les volcans de l’Auvergne en passant par les forêts sublimes du plateau de millevache… La France est une terre d’aventure sur laquelle j’incite les gens à se perdre, à errer. 

Image à la une : de Matthieu Tober pour Les Others.