Road-trip en Roumanie

Road-trip en Roumanie

4 February 2018 0 By labaroudeusevoyage

La Roumanie est encore trop peu connue du grand public. Les roumains ont plutôt mauvaise réputation (à tort), nous avions peur des chiens errants avant d’y aller, et de ce que nous allions y trouver. Au final, ce pays nous a agréablement surpris. Il offre des paysages magnifiques, et les gens y sont très accueillants. Nous n’avons eu (quasi) aucun souci avec les chiens. Seule appréhension qui s’est confirmée : les roumains conduisent vite, voire dangereusement. Nous nous sommes faits quelques frayeurs en autostop.

Un peu d’histoire…

Le territoire actuel de la Roumanie a connu plusieurs vagues de populations   migratoires  : germaniques, turques, ou encore iraniennes, ou slaves. La Roumanie a toujours partagé les valeurs européennes fondamentales, comme le christianisme. L’orthodoxie est apparue sous l’influence du monde byzantin.
L’espace roumain s’est trouvé sous la domination ottomane pendant pendant plus d’un demi-millénaire. Les princes roumains comme Vlad Tepes, Jean de Hunedoara ou encore Etienne le Grand, ont rejoint les alliances européennes contre l’Empire Ottoman. La Roumanie s’oriente peu à peu au 18ème siècle vers l’Europe occidentale.

A la fin de la Première guerre Mondiale en 1918, des territoires de la Russie, et de la Autriche-Hongrie habités par des roumains se sont unis à la Roumanie pour former “La grande Roumanie”.  Le fascisme s’impose dans les années 1930-1940 puis la dictature communiste s’installe après la Seconde Guerre Mondiale. S’ensuivent alors la déportation, et l’élimination de centaines de milliers de personnes. Le régime conduit d’abord par Gheorghe Gheorghiu-Dej puis Nicolas Ceausescu a engendré les mutations les plus importantes de la société roumaine. Ceausescu est écrasé en 1989 pendant la Révolution, durant laquelle 1300 roumains ont perdu la vie.  La Roumanie commence alors sa difficile transition vers une économie de marché. Elle intègre l’Union Européenne en 2007.

Côté pratique :

Malgré son entrée dans l’UE, la Roumanie n’est pas encore passée à l’euro. Le coût de la vie y est vraiment peu cher. 1€ = 4,55 Lei (Été 2017)
Vols à partir de 100€ au départ de Paris, pour Bucarest, la capitale.

Première étape : Timisoara

C’est la première grande ville qui se trouve juste après la frontière Serbe. On ne savait absolument pas à quoi s’attendre, et bien la ville vaut vraiment le détour. “La petite Vienne” comme on l’appelle, réserve de belles surprises. On a eu le droit à une visite guidée de nuit par une amie de nos hôtes, qui nous a montré que la ville était empreinte d’Histoire. Timisoara se divise en trois principales places, toutes aussi magnifiques, et différentes les unes des autres. La place de la Révolution et sa cathédrale, est l’image la plus célèbre de Timisoara.

On trouve ensuite la place de la Liberté et ses bâtiments rouges, mais la plus belle reste la place de l’Union. Un conseil ? Arpentez chaque petite rue du centre ancien, vous retomberez forcément sur une des places. Ne manquez pas non plus le parc des Roses, et la forteresse.

Place de la Liberté

Place de l’Union

N’oubliez pas de goûter à une limonade aux fruits ! Véritable spécialité locale, elles sont fabriquées à base de glace pillées et de fruits frais. Un pur plaisir, qui est le bienvenu en plein été ! On vous conseille aussi de faire un tour chez Massimo, glacier sur la place de la Révolution. Il y a souvent la queue dehors, et il faut être patient pour goûter à une de leur glace, mais vous serez récompensé, soyez-en sûr !

Deva et ses alentours

A 2h15 de route de Timisoara, se trouve la ville de Deva. Le centre-ville est mignon mais n’a pas trop d’intérêt. Vous pouvez toujours monter à la citadelle pour la vue.
Ce qu’il y a d’intéressant à Deva, c’est surtout ses alentours, et notamment le château de Hunedoara. C’est le plus grand château de Roumanie, il date de la fin de XVème siècle, et a été la propriété de plusieurs princes de Transylvanie. Nous avons pu le visiter gratuitement grâce à un festival dédié à la Transylvanie. Très impressionnant d’extérieur, l’intérieur a été assez décevant. Cela manquait de reconstitutions et de mises en scènes. Mais l’architecture reste magnifique.

Déconseille fortement : Le zoo. Notre hôte a absolument voulu nous y emmener. Ce que nous y avons vu était simplement horrible : des cages beaucoup trop petites, mal entretenues. Il faisait très chaud, la plupart des animaux étaient totalement déshydratés. Choquant, et sidérant de voir que ce genre de zoo existe encore en Europe !

Sibiu : la ville qui vous observe

Beaucoup plus intéressante que Deva. Le centre-ville de Sibiu est vraiment mignon. La Grande Place est magnifique, et l’architecture est superbe. Levez les yeux, les fenêtres sont fabriquées de telle manière qu’elles donnent l’impression de vous regarder ! Ne manquez pas l’Eglise, elle donne sur une autre place assez sympa.

Eloignez-vous de la Grande place pour vous diriger vers les remparts. Les rues sont bordées de maisons de toutes les couleurs. En tournant le dos à l’Eglise, descendez les marches pour aller vous perdre dans les ruelles plus atypiques de Sibiu, loin des touristes.
A une quarantaine de minutes en voiture de Sibiu, se trouvent les lacs salés. Grosse et bonne surprise de la part de notre hôte qui nous a fait découvrir ce site. Très touristique, mais cela vaut vraiment le coup. Pour 20 Lei/personne, vous avez accès à plusieurs lacs salés (10 Lei à partir de 18h). Certains sont aussi salés, voire plus que la mer morte ! L’expérience est donc plutôt sympa. Il y a tout ce qu’il faut sur place (cabines, douches…).

Brasov

Plus grande que Sibiu, on y retrouve la même architecture. Partez de la Grand Place, où se trouve la “Black Church” puis parcourez les différentes rues qui en découlent. Ne manquez pas la porte Catherine, qui marque l’entrée de la vieille ville. Passez par la rue ‘Strada Sforii”, qui serait la rue la plus étroite d’Europe. S’il vous reste un peu de courage, montez à la forteresse qui vous donnera une vue sympa sur les Carpates et la vieille ville.

L’arnaque touristique : le château de Bran

Si nous avons bien été déçus par une chose pendant ce road-trip en Roumanie, c’est le château de Bran. C’est soi-disant le château où aurait habité le légendaire Dracula…. Après quelques recherches on se rend vite compte que le château est simplement un énorme attrape-touriste ! On ne peut même pas rentrer dans les jardins du château sans payer (20Lei). Heureusement, le site offre des beaux sentiers de randonnées. Remontez la route à contre-courant des touristes, jusqu’au petit pont de bois. Traversez la petite clairière et empruntez le chemin qui monte dans les bois. Suivez les marques blanches et rouges. Oui, la montée est raide, mais vous serez loin des touristes, et aurez une vue unique sur le château !

Sighisoara

Cette (toute) petite ville semble tout droit sortie d’un conte de fées. Elle se visite très facilement en une après-midi. La citadelle renferme la vieille-ville, dès que vous franchissez les murs, vous êtes dans la nouvelle ville. Dans la citadelle, allez simplement d’une tour à l’autre. Les maisons sont de toutes les couleurs, c’est vraiment joli !
Bonne adresse : Hors des remparts, allez manger “Au boulevard“. Les prix sont très corrects et vous pourrez y découvrir la cuisine traditionnelle roumaine, notamment la chaire à saucisse avec ses feuilles de choux, un délice !

Targu Mures

Cette ville constituait simplement une étape dans notre itinéraire. Malgré tout, notre hôte nous a fait découvrir quelques coins sympas. En effet, on y trouve la première librairie de Roumanie. Elle détient des livres d’exception, comme la version officielle de la déclaration d’indépendance. N’hésitez pas à pousser la grande porte cochère en bois. La dame est passionnée. Elle se fera un plaisir de vous faire la visite, et de vous raconter l’histoire de ces livres. La citadelle de la ville est très jolie aussi.

Bonne adresse : La Frog : un super café à prix imbattables, un super rapport qualité-prix. Les milkshakes sont à à peine 2€ et sont délicieux ! > Strada Victor Babeș 19, Târgu Mureș

Retour à la nature : Le parc Apuseni

Gros gros coup de coeur de notre road-trip. On y est resté une semaine, dans un chalet perdu dans le petit village de Arieseni. Apuseni, c’est la Roumanie comme on l’aime, avec ses piles de foin, ses montagnes, ses animaux. Arieseni est tout au sud du parc donc nous n’avons pas pu faire le nord, mais le sud offre déjà de très belles randonnées !
Pour aller voir la cascade Varciorog : Suivez la route principale jusqu’à la maison d’hôte Motolui. La cascade est ensuite fléchée, et il faut 3km pour y accéder. Le parcours est en pente douce en forêt, le long de la rivière. Il est très bien fléché, il suffit de suivre les gros ronds jaunes et blancs. La cascade n’est pas si impressionnante mais reste très jolie, et rien que le parcours vaut le coup ! Comptez une bonne heure de marche pour y aller, et prenez des chaussures étanches 😉

Pour aller à la grotte de glace : Depuis Arieseni, suivez les triangles rouges et blancs. Attention, certains sont bien cachés, on s’est perdu plus d’une fois ! Il vous faudra compter entre 4h et 4h30 de marche pour accéder à la grotte. Pensez à prendre de l’eau, il peut faire très chaud ! La randonnée est vraiment sympa, elle nous emmène en plein dans la montagne. Attention aux chiens des fermes. Les plus gros sont normalement attachés mais restent très impressionnants, ils défendent leur territoire. Les plus petits vous courent après, mais restent à distance. Quand vous passez devant les fermes, vérifiez que le propriétaire n’est pas loin. Il contrôle les chiens !
Une fois à la grotte, comptez 8Lei pour les étudiants, 12Lei pour les autres. La visite s’effectue en groupe. Pensez à prendre des vêtements chauds, la température avoisine les 0 degrès. Vous ne passerez que 30 min sur place, mais le glacier est assez impressionnant.