Rossanna, le voyage en solo

Rossanna, le voyage en solo

21 October 2019 0 By labaroudeusevoyage

Rossanna, connue sous le nom de thegipsyjourney sur Instagram, est une française voyageant en solo depuis 2009. Se laissant guider par les rencontres et son instinct, elle a traversé l’Amérique du Sud en auto-stop et filme ses aventures au fur et à mesure.

Pour Rossanna, la folie du voyage a commencé lors de son PVT en Australie. ” J’ai voyagé dans toute l’Australie, aux îles Fidji, en Thaïlande, et une fois rentrée je n’avais qu’une envie : repartir, donc j’ai mis de côté. Je suis partie aux USA puis j’ai remis de côté pendant un an et demi et je suis partie sans vraiment de plan, au feeling ” Prévoyant de repartir en Australie, un rêve lui fait complètement changer d’avis. ” J’ai rêvé que je partais voir une copine à la réunion, que j’allais à l’île Maurice puis au Canada. Donc en fait j’ai décidé ça. Tout le monde m’a dit mais t’es folle, mais c’est ce qui s’est passé, puis je suis partie en Amérique du Sud

En un seul mot, dis-moi ce que représente le voyage pour toi ?

Liberté. C’est comme si le temps s’arrêtait et que je pouvais vivre ma vie pour moi-même. On est tellement oppressé dans cette société par le temps, on nous impose d’avoir des enfants avant tel âge, de se marier avant tel âge… sinon on est jugé. Là je fais ce que je veux quand je veux, je suis qui j’ai envie de suivre, et ça pour moi c’est la liberté. 

Est-ce que tu peux me raconter ta pire galère de voyage ?

Il y en a eu plein quand même ! Une des pires c’est quand je devais partir en Argentine pour réactualiser mon visa, donc je suis partie en stop. J’ai juste pris mon sac à dos, quelques affaires chaudes, mon sac de couchage et ma tente. Sur la route je rencontre plein de gens, et à un moment je monte dans un mini bus, dans lequel je rencontre deux chiliennes en stop aussi. Elles me disent qu’elles vont à Mendosa aussi, et me proposent de venir à une réunion de groupe Facebook de voyageurs dans une auberge.

Je dis ok parce que je ne savais pas où j’allais dormir. Arrivée à l’auberge je rencontre une Péruvienne avec qui on allait faire tout un tas d’activités. Sur le chemin j’avais vu une station de train abandonnée et je voulais aller camper là-bas. La Péruvienne a voulu venir avec moi, donc elle a laissé son groupe et m’a suivie. Je lui dis que je veux absolument voir un lac, elle me dit ok. On arrive au milieu de nulle part et deux mecs s’arrêtent en nous disant qu’ils vont au lac car ils avaient un anniversaire. Là, barbecue, c’était génial. Ils nous ont même fait un feu avant de partir.

Le lendemain je me sépare de la Péruvienne et j’arrive à la station de train. Là je me rends compte qu’il faut traverser des rapides. Soit je les traverse, soit je marche 32km. Je tombe et je me fait super mal au genou. Donc je me pose ma tente et là : tempête. Vents au moins à 100km/h, ma tente s’est remplie de sable, j’avais le visage noir et juste un bout de pain à manger. Je me réveille et je vois qu’une encore plus grosse tempête arrive donc je pars vite. 

Je devais retourner à Santiago donc je retourne faire du stop et un camion me prend. On arrive une heure trop tard à la frontière qu’ils avaient fermée à cause de la neige et elle ne rouvrait que 4 jours plus tard. J’ai dû dormir dans le camion avec cette personne que je ne connaissais pas. En arrivant à la frontière d’Argentine je me suis rendue compte qu’on avait mal tamponné mon passeport. Donc j’était totalement illégale en Argentine. Du coup quand j’ai voulu sortir d’Argentine on m’a dit que je n’étais jamais rentrée en Argentine et j’ai dû payer une amende de 300 dollars, ce que je dépense en un mois quoi… Donc ouais grosse galère là. 

Est-ce qu’une rencontre t’as particulièrement touché ?

Je ne peux pas en choisir une ! Je peux t’en dire deux… 

Au Chili j’ai rencontré une française qui s’appelle Laura et qui voyage de la même manière que moi. On a commencé à faire du stop ensemble, et on s’est retrouvé à aller faire du snowboard, puis on est parti surfer. La première voiture qui s’arrête à une école de surf, et il nous a laissé dormir à l’école. J’y suis retournée trois fois, j’ai fini par travailler à l’école, j’ai appris à surfer là-bas. C’est quelqu’un qui nous a ramassé en stop et qui nous a tout donné en fait. On a géré l’école quand il a dû s’absenter…. c’est vraiment une belle rencontre, et du coup Laura aussi qui est maintenant une de mes meilleures amies. Quand on vit sur la route, on n’a plus autant de points communs avec nos amis, c’est vrai qu’avoir des amis avec qui on n’est pas pris pour des fous ça fait du bien. 

Sinon il y a aussi quand j’ai vécu dans une ferme à Cuba. C’était une famille qui vivait de manière très primaire, on allait chercher l’eau au puit… mais on rigolait tout le temps. J’avais du mal à ne pas m’en vouloir quand je sortais mon appareil photo, mon téléphone… mais hormis ça, ça m’a permis de me rendre compte qu’on n’a pas tous de l’eau en ouvrant un robinet. Je vivais avec les insectes car il n’y avait pas de fenêtres, pas de toilette… ça donne des leçons de vie. 

La nourriture la plus horrible que tu aies pu avoir en voyage ?

J’ai jamais rien trouvé dégueu… j’ai mangé du crocodile mais c’est bon… Je n’ai pas mangé de choses horribles…. sinon j’avais adoré le mamon au Honduras, c’est comme un bonbon ! C’est une petite boule et c’est vraiment super bon !

Choisis une seule de tes photos de voyage. Pourquoi celle-ci ?

Ce n’est pas une belle photo mais elle représente assez bien mon voyage en Patagonie en hiver. Je suis partie faire du stop et il s’est mis à neiger. J’étais avec un italien et on était seul au monde. Tout le monde nous disait de faire demi-tour parce que la route était bloquée. On n’avait rien à manger, les températures allaient vraiment descendre, je trouve que cette photo représente bien ce moment !

Un dernier mot ?

Peu importe que l’on soit religieux ou quoi mais il faut avoir la foi. Moi il y avait certains moments où je ne me sentais pas de partir ce jour-là je m’écoutais. Ca permet d’être vraiment connecté à soi, d’avoir un instinct beaucoup plus développé que la normale. Il y a cette confiance en soi qui fait qu’on a de plus en plus foi et un bon instinct, et il ne faut pas avoir peur.

Il ne faut pas rester à un endroit où on n’a pas envie d’être. Moi ceux qui me disent j’attends la retraite pour vivre, partir, pour moi ce n’est pas une manière de vivre ! Oui je peux me faire embarquer par un gang, mais ce sont les pessimistes qui disent ça, moi je n’ai vu que de la bonté, de la générosité. 99% des gens sont bons en fait, si on s’écoute on arrive à éviter les mauvaises situations. Les risques sont les mêmes en voyage ou chez soi de toute façon, et après on apprend de chaque situation. 

Vous pouvez suivre ses aventures via son compte instagram : thegipsyjourney et sur sa chaine Youtube, et bien sûr son blog.

Photo à la une : Rossanna, the Gipsy Journey.